Devenir arboriste élagueur par apprentissage : un métier en tension qui ne s'improvise pas
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Devenir arboriste élagueur par apprentissage : un métier en tension qui ne s’improvise pas

Le noyer est l’un des arbres les plus exigeants à tailler : il cicatrise mal, supporte difficilement les erreurs de calendrier et peut dépérir lentement si les interventions répétées ont fragilisé sa structure. Ce type d’arbre illustre bien pourquoi l’élagage est un métier à part entière, qui s’apprend sur le terrain autant qu’en centre de formation. En France, l’apprentissage agricole connaît une progression de près de 60 % depuis 2019, et le secteur des travaux arboricoles fait partie des domaines où les besoins de recrutement restent largement supérieurs aux candidats disponibles.

La taille du noyer, un exemple concret de technicité professionnelle

Tailler un noyer, ça ne s’improvise pas. La fenêtre recommandée par les professionnels se situe entre février et mars, juste avant la montée de sève, ou entre fin août et mi-octobre, quand l’arbre a accumulé ses réserves. Intervenir en dehors de ces périodes, notamment en été, expose l’arbre au stress hydrique et à des maladies comme l’anthracnose, causée par le champignon Gnomonia leptostyla, qui provoque des taches brunes et des pertes de récolte. Les règles techniques sont précises : ne jamais retirer plus de 15 à 20 % du feuillage en une seule fois, couper à 45° pour favoriser la cicatrisation, désinfecter les outils entre chaque coupe pour éviter la bactériose.

Au-delà de 5 à 6 mètres de hauteur, ou en présence de branches en surplomb d’une habitation, l’intervention d’un arboriste qualifié comme Bouilly Élagage s’impose. 

Le CS Arboriste Élagueur : la voie de référence par apprentissage

Le Certificat de Spécialisation (CS) Arboriste Élagueur est le diplôme reconnu par le Ministère de l’Agriculture pour accéder au métier. Classé niveau 4 (équivalent bac) et enregistré au RNCP, il se prépare en apprentissage sur une durée d’environ 595 heures en centre et 30 semaines en entreprise. Plusieurs établissements en France proposent cette formation : le CFPPA Le Fresne à Angers, l’Institut de Genech dans le Nord, AgroCampus 47 à Nérac, ou encore le CFPPA de Pontivy en Bretagne.

Les parcours d’accès classiques passent par un CAPa Jardinier-Paysagiste, un CAPa Travaux Forestiers ou un Bac Pro Aménagements Paysagers, avant la spécialisation. Côté rémunération, l’apprenti perçoit au minimum 70 % du SMIC pendant sa formation, avec des aides possibles à l’hébergement et à la restauration.

Un secteur qui recrute, des salaires en progression

Depuis l’arrêté du 1er mars 2024, la production agricole figure dans la liste nationale des métiers en tension. Dans le secteur des entreprises de travaux agricoles, ruraux et forestiers (ETARF), les CDI sont passés de près de 26 000 à plus de 36 000 entre 2019 et 2024, soit une hausse de 39 %. Près de 4 salariés sur 10 dans ce secteur sont des jeunes, ce qui reflète la place centrale qu’y occupe l’apprentissage.

Les élagueurs grimpeurs confirmés atteignent un salaire moyen d’environ 2 028 € brut par mois, avec des fourchettes allant jusqu’à 2 654 € selon France Travail. La revalorisation de 2,41 % au 1er juin 2026 a porté le taux horaire brut à 12,31 €. 

Former des arboristes capables d’intervenir sur des essences délicates, en toute sécurité et au bon moment de l’année, répond à une demande réelle des particuliers comme des collectivités. L’apprentissage reste la voie la plus directe pour y accéder, avec un emploi souvent assuré dès la sortie de formation.