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De la Savoie à l’Analamanga : comment co-construire la solidarité internationale ?

2018-04-03T13:57:27+00:00 13 mars 2018|

En février 2018, l’équipe de France Volontaires s’est rendue à Anjanadoria – une commune rurale se trouvant à une soixantaine de kilomètres au Nord d’Antananarivo, capitale de Madagascar – pour rencontrer l’association Manaova Soa qui accueillait un groupe de 9 apprentis se formant au métier de paysagiste au Centre de Formation Professionnelle et de Promotion Agricole (CFPPA) Savoie-Bugey du Lycée Reinach de La Motte-Servolex (73) et leurs deux accompagnatrices, dans le cadre d’un projet de Mobilité Internationale (Chantier de Solidarité internationale : CSI).

Les CSI sont le fruit d’un long travail de réflexion, de préparation et de concertation. Au-delà des réalisations concrètes sur le terrain, les CSI sont avant tout des moments entre des individus qui, souhaitant contribuer à une action à but social et citoyen, vivent une expérience interculturelle marquante. Mais il arrive parfois que le sort soit à la source de ces rencontres.

Mathieu, Déborah, Jasone, Fabien, Alexandre, Alexis, Adrien, Kyllian et Marine ne sont pas des camarades de classe. Chacun d’entre eux poursuit un cursus spécifique et leurs niveaux ne sont pas les mêmes (BP, Bac Pro, BTS1 et 2). Pour autant, ils ne sont pas venus à Madagascar par hasard. En effet leur mission de solidarité sur la Grande Île commença par une rencontre que personne n’aurait pu prévoir.

Elise E. et Karima D. sont formatrices au CFPPA. Elles organisent depuis 4 ans des CSI (le premier au Laos, les trois suivants à Madagascar) afin de permettre aux apprentis de vivre une expérience interculturelle, ainsi que de mettre leurs savoirs techniques au service d’un projet de solidarité. En 2016, elles rencontrèrent Gérard et Honorine N. de l’association Manaova Soa dans une auberge de la capitale. Le hasard faisant bien les choses, ils s’aperçurent rapidement qu’ils venaient tous de La Motte-Servolex : l’association Manaova Soa étant également implantée dans cette commune de Savoie. Ainsi naquit le partenariat entre le CFPPA Savoie-Bugey et Manaova Soa.

Il fallu ensuite une année de préparation pour que le projet se concrétise. Les apprentis se mobilisèrent pour récolter des fonds de diverses manières (vente lors d’un marché de Noël, organisation de soirées à thème, extra-jobs). Ils participèrent également à des séances régulières pour préparer le chantier et les actions à réaliser. Ces réunions hebdomadaires leur ont surtout donné des temps de discussion sur ce qu’est un projet de solidarité.

L’autofinancement ne suffisant pas à boucler le budget, les formatrices et les jeunes montèrent plusieurs dossiers pour demander l’appui des pouvoirs publics en France pour assurer la tenue du chantier. Ainsi ils réussirent à obtenir le soutien :

L’association Manaova Soa assura elle aussi une participation financière ainsi que l’hébergement et les repas de tous les participants durant les 10 jours de chantier. De plus, le groupe reçut le soutien de Pays de Savoie Solidaire (PSS), association de coopération internationale savoyarde. L’association PSS proposa notamment un appui à la rédaction des dossiers de financement, ainsi qu’une formation au départ (sensibilisation à la culture malgache) pour l’ensemble du groupe, ainsi qu’une formation “retour d’expérience”, suite au séjour. Une fois les questions de budget réglées, les objectifs du CSI fixés et les enjeux bien compris, il fut temps de partir pour Madagascar.

Les neufs apprentis accompagnés par Elise et Karima commencèrent le travail dès leur arrivée à auprès de l’association. Les tâches à réaliser étaient nombreuses, mais la motivation du groupe était grande. Avec l’appui des parents d’élèves, des villageois, des formatrices et des membres de Manaova Soa, les jeunes réalisèrent en dix jours :

  • la construction d’un jardin potager pour l’autonomie alimentaire de l’école primaire publique de la communie,
  • la création d’une structure de compost,
  • ils organisèrent deux formations sur la gestion du potager et du bac à compost à destination des villageois,
  • l’embellissement du parvis de la Mairie.

Toutes ces actions ne furent réalisables que grâce à l’engagement de chacun dans ce projet. Les jeunes apprentis purent valoriser leurs compétences professionnelles et les villageois eurent l’occasion d’apprendre de nouvelles techniques de gestion des espaces agraires (notamment le potager et le bac à compost). Les élèves de 6ème du collège local purent même participer aux activités afin de transmettre leurs nouveaux savoirs faire auprès des futurs élèves.

En définitive, tous les acteurs de ce CSI furent ravis des réalisations accomplies et de l’expérience vécue. Si le hasard a été à l’origine de ce projet, il fut laissé de côté par la suite pour faire émerger un projet solide, inclusif et efficace. Après avoir fait autant d’efforts, les apprentis eurent l’occasion de profiter de quelques jours de voyage dans l’Ouest de Madagascar pour visiter Morondava et ses environs.

Il n’est jamais interdit d’allier l’utile à l’agréable comme on dit !

Ce chantier de Solidarité Internationale marque autant par les circonstances qui l’ont vu naître que par la manière très inclusive avec laquelle il a été mené. De plus, il permet d’illustrer concrètement qu’il existe de nombreuses organisations pouvant aider les jeunes français et les associations locales à mûrir et financer un projet de solidarité.

Chaque année, des milliers de citoyens souhaitent s’investir dans un chantier solidaire sans savoir comment s’y prendre. Nous le rappelons ici : il existe en France de nombreux réseaux de solidarité internationale pouvant être des appuis au montage de projet de solidarité.